Le gouvernement bruxellois a récemment validé le financement du projet B-Ersilia, sélectionné par Innoviris dans le cadre de l’appel Prospective Research 2025.
Ce projet, d’une durée de trois ans, vise à analyser et anticiper les transformations de l’organisation et des politiques culturelles à Bruxelles à l’horizon 2040.
Équipe de recherche
- Pierre Lannoy – Promoteur principal, ULB
- Ludivine Damay – Copromotrice, ULB
- Olivier Paye – Copromoteur, UCLouvain Saint-Louis Bruxelles
Calendrier
- Durée : 3 ans
- Démarrage prévu : printemps 2026 (mars–avril)
- Fin estimée : printemps 2029
Partenaires et financement
- Innoviris – Institut bruxellois pour la recherche et l’innovation (appel 2025)
- Financement du gouvernement bruxellois
- Collaborations avec institutions culturelles, universités et réseaux professionnels
Résumé
Bruxelles est caractérisée par une vie culturelle particulièrement riche, et sa vitalité artistique est de plus en plus reconnue. Cette métropole extrêmement diverse est également traversée par d’importantes fragmentations et fractures, économiques et sociales, qui se traduisent aussi par de grandes inégalités d’accès aux équipements culturels et aux activités artistiques. Alors que la culture est de plus en plus importante dans les stratégies de singularisation des villes, il n’existe pas à Bruxelles de cadre institutionnel pour concevoir une politique culturelle à l’échelle du territoire. Les compétences dans le champ culturel sont en effet éclatées entre de nombreux niveaux de pouvoir. Dans ce contexte, la Région ne dispose que de responsabilités restreintes, mais son intérêt pour le domaine est de plus en plus marqué. Elle a notamment initié récemment la candidature de Bruxelles comme capitale européenne de la culture (CEC) en 2030, portée au nom de la commune de Molenbeek et mise en œuvre par l’asbl Molenbeek for Brussels 2030.
Le projet de recherche B-Ersilia propose d’enquêter à partir de la dynamique générée à Bruxelles autour de ce projet et de s’en saisir comme d’un laboratoire, afin d’imaginer la place et l’organisation de la culture à Bruxelles à l’horizon 2040. En s’appuyant sur la trajectoire du projet de CEC et des expériences qu’elle a rendues visibles, la recherche viser à aider les acteurs stratégiques de la Région à mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre, à mieux se représenter leur inscription spatiale et dès lors à mieux identifier la place que pourrait occuper la Région dans la gouvernance de la culture à Bruxelles. La démarche, inspirée de la « prospective du présent », se concentrera sur trois aspects qui formeront la matrice de l’enquête et de la construction des scénarios prospectifs : la question du « quoi » – quelle(s) vision(s) de la culture? – , la question du « comment » – quelle gouvernance et quelle organisation ? – et la question du « où » – quels ancrages territoriaux de le culture dans la ville-région ?
Si le projet de recherche s’intitule B-Ersilia, c’est en référence au nom que l’auteur italien Italo Calvino donne à une des cités décrites dans Les villes invisibles, son célèbre ouvrage constitué de récits de villes imaginaires rapportés par Marco Polo à l’empereur Gengis Khan. Ersilia est l’une d’entre elles : partout dans cette ville, des fils sont tendus entre les bâtiments pour représenter les « rapports qui régissent la vie de la ville ». Elle ne cesse de se recomposer à mesure que se trament de nouvelles relations, qui deviennent autant de villes possibles et d’images d’Ersilia, jusqu’à devenir la ville elle-même, assimilée à « des toiles d’araignée de rapport enchevêtrés qui cherchent une forme ». Ce texte poétique apparaît comme une belle métaphore de la recherche : elle aussi explorera des relations symboliques et matérielles tissées dans la ville et les formes qu’elles produisent, tout en veillant à les représenter et les rendre intelligibles. Le « B » qui précède « Ersilia » a été ajouté pour évoquer allusivement Bruxelles.
