Notre collègue Yannick Vanderborght, membre du CReSPo, est co-promoteur de la thèse de M. Niko Väänänen, dont la défense publique a lieu le 19 juin 2026. Ce dernier présentera ses travaux en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences politiques et sociales.
Les membres du jury :
- Prof. Axel Gosseries (UCLouvain), co-promoteur et secrétaire du jury
- Prof. Yannick Vanderborght (UCLouvain, CReSPo), co-promoteur
- Prof. Vincent Vanderberghe (UCLouvain), président du jury
- Prof. Anne Lavigne (Université d’Orléans)
- Prof. Axel West Pedersen (Oslo Metropolitan University)
Résumé
Les systèmes de retraite européens sont réformés sous la pression du vieillissement démographique, des contraintes budgétaires et du rôle croissant de la gouvernance socio-économique de l’Union européenne dans l’orientation des programmes nationaux de réforme. Ces réformes sont souvent présentées comme des ajustements techniques, mais elles impliquent nécessairement des jugements de valeur sur la répartition des risques, des charges et des coûts. Cette thèse de doctorat examine ce qu’exige une réforme équitable des retraites. S’appuyant sur le libéralisme-égalitaire de John Rawls, elle analyse les systèmes de pension comme des institutions de coopération sociale tout au long de la vie et entre les générations.
La dissertation soutient que les systèmes de retraite devraient reconnaître certaines charges socialement indispensables qui pèsent de manière inégale sur les citoyens. Le service militaire, lorsqu’il est justifié comme nécessaire à la protection des libertés fondamentales, impose des coûts concentrés aux personnes appelées et devrait donc être compensé par des droits à pension, y compris par un accès anticipé à la retraite. De même, le fait d’élever des enfants soutient les régimes de retraite intergénérationnels en formant les futurs citoyens et contributeurs. Les systèmes de retraite devraient donc mieux reconnaître le travail de soin et de prise en charge dans leurs différents piliers.
La dissertation examine également les institutions qui façonnent les réformes des retraites. Elle montre que la gouvernance socio-économique de l’Union européenne a privilégié la soutenabilité financière au détriment de l’adéquation des prestations et de la modernisation, et plaide pour une plus grande transparence dans le processus de recommandation. Enfin, elle compare les fonds de réserve publics pour les retraites en Finlande et en Suède afin de montrer comment la conception institutionnelle influence les politiques d’investissement responsable. La thèse soutient qu’une réforme équitable des retraites ne consiste pas seulement à assurer la soutenabilité financière, mais aussi à déterminer quelles contributions le système reconnaît, quelles charges il compense, et avec quelle transparence ces choix sont justifiés.
